Maika est née au Japon, a été élevée en France, est passée par Anchorage, a longtemps vécu en Chine et est aujourd’hui installée à Istanbul. Au passage, elle a appris plusieurs langues étrangères. Et si elle réapprend le japonais aujourd’hui, c’est « pour devenir cette Japonaise que je suis ».
Écoutez le podcast sur votre plateforme préférée (Apple, Google, Spotify, etc.)
TRANSCRIPTION :
maika.mp3: Audio automatically transcribed by Sonix
maika.mp3: this mp3 audio file was automatically transcribed by Sonix with the best speech-to-text algorithms. This transcript may contain errors.
Pierre-Marie :
Bonjour à tous, c'est Pierre-Marie, bienvenue dans un nouvel épisode de French by Ear – フランス語の聞き取り. Il y a environ deux semaines, je parlais avec ma prof de japonais, Hana, qui connaît un peu mon podcast et Hana me demande : "Est-ce que tu fais encore des interviews dans ton podcast ?" Je lui ai dit : "C'est vrai, ça fait longtemps que j'ai pas fait d'interviews parce que j'ai un peu de mal à trouver des gens qui m'intéressent."
Alors Hana me dit : "Peut-être que tu devrais interviewer une de mes élèves". "Ah bon ?" Je réponds à Hana. Je lui dis : "Est-ce que ton élève est française ?" Hana me dit : "Je crois. Je sais pas… Peut-être…"
"Ah bon ? Tu sais pas ? Elle s'appelle comment cette élève ?" Hana me dit : "Cette élève s'appelle Maika Endo." Alors là, j'ai un peu du mal à comprendre… Je lui dis : "Attends. Ton élève s'appelle Maika Endo. Et elle prend des cours de japonais !?"
Plus Anna me parlait de cette élève, Maika, plus j'étais intéressé. Et donc finalement, j'ai contacté Maika qui a gentiment accepté de faire cette interview avec moi.
Vous allez voir, on parle avec elle de son parcours de vie assez intéressant, assez original et très international puisqu'elle a vécu au Japon, en France mais aussi en Chine et aujourd'hui en Turquie. On parle de tout ça et aussi on parle bien sûr des langues étrangères.
Donc voilà, merci beaucoup à Hana pour cette mise en relation avec Maika. Et maintenant on écoute cette interview.
Bonjour Maika.
Maika:
Bonjour Pierre-Marie.
Pierre-Marie :
Merci d'avoir accepté cette invitation dans mon podcast qui est d'ailleurs l'invitation de notre prof de japonais en commun, Hana. Merci Hana ! L'idée aujourd'hui, c'est de parler de votre parcours qui est original et très international avec la France, le Japon, mais pas seulement. On va en parler un peu plus tard. J'avais envie de commencer par une question assez simple finalement. Vous parlez combien de langues, Maika ?
Maika:
Alors, bonjour. Bonjour à tous ceux qui écoutent, Bonjour à notre prof de japonais, Hana. Alors, je parle français, anglais couramment, japonais, allemand et turc et chinois.
Pierre-Marie :
Et chinois aussi ! Donc, vous avez étudié au moins cinq ou six langues, facilement.
Maika:
Oui, oui.
Pierre-Marie :
En général, dans toutes les langues qu'on étudie, la première leçon, on apprend à faire une chose, c'est de se présenter. Et en général, on donne deux informations : son nom et sa nationalité. "Je m'appelle Pierre-Marie et je suis français", par exemple. Alors pour vous, qu'est-ce que ça donne cette petite présentation?
Maika:
Oui, alors ça c'est une bonne question. Et je remarque que quand je me présente, je dis toujours que je suis née au Japon et j'ai grandi en France.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Donc c'est pas directement la nationalité ?
Maika:
Non. Et si j'ai envie d'en dire plus, je dirais : "J'ai aussi vécu treize ans en Chine".
Pierre-Marie :
D'accord. Et si vous voulez en dire encore un peu plus, qu'est-ce que vous allez rajouter ?
Maika:
Que ça fait neuf ans que je vis à Istanbul.
Pierre-Marie :
Donc on va parler du Japon, on va parler de la France, un peu de la Chine et de la Turquie peut-être. Le plus simple sans doute, c'est de prendre cette histoire de façon chronologique. Donc vous êtes née au Japon dans quelle préfecture ou dans quelle ville ?
Maika:
Alors je suis née au Japon, à Sendai.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Oui. Miyagi-Ken et en fait, je suis partie en France à l'âge de quatre ans avec ma mère.
Pierre-Marie :
D'accord. Donc vous êtes parties seulement toutes les deux ?
Maika:
Oui, seulement toutes les deux. Et on a laissé au Japon mon grand frère, qui est mon aîné de trois ans, et mon père. Ils se sont séparés quand j'avais quatre ans, en fait trois ans et demi, pour être plus précise.
Pierre-Marie :
D'accord. Est-ce que vous avez des souvenirs quand même de cette petite enfance au Japon ou c'est complètement disparu ?
Maika:
Oui, je me souviens bien du temps où j'étais au 保育園. Même des petites histoires, j'en ai dans ma tête, des images. Je me souviens même après, après être partie en France, je revenais tous les étés voir ma famille japonaise. J'ai plein de souvenirs aussi de ces allers-retours de mon temps, de ces étés au Japon.
Pierre-Marie :
D'accord, donc c'est vrai que les vacances en France, les vacances d'été sont assez longues…
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Donc c'était pour vous le bon moment pour pour rentrer au Japon chaque année, donc ?
Maika:
Chaque année, j'avais de la chance d'avoir un beau père qui travaillait dans l'aviation.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Il travaillait dans l'aviation, donc je pouvais voyager gratuitement et cela me permettait d'y aller tous les ans au moins une fois, oui.
Pierre-Marie :
Très bien. Et alors, qu'est-ce qui fait finalement que le choix de votre maman s'est porté sur la France ? De dire "Allez, je pars avec ma fille sous le bras et nous allons vivre en France". Qu'est-ce qui a fait qu'elle a choisi la France ?
Maika:
Alors c'est parce que la personne dont elle est tombée amoureuse était français. Et donc, elle a décidé de partir pour vivre avec lui et bâtir sa vie, sa famille là-bas. Elle m'a dit… Si maman tu écoutes, j'espère que c'est ok de dire ça. Elle m'a dit que quand elle s'était séparée… elle a décidé de se séparer au début, son choix s'était porté sur l'Italie parce qu'elle parlait italien. Mais bon, après elle est tombée amoureuse de mon beau-père et donc de ce fait, nous sommes parties en France.
Pierre-Marie :
D'accord, ok. Mais il y avait quand même ce côté un peu latin entre l'Italie et la France. D'accord.
Maika:
Oui, elle a toujours été une grande voyageuse, a travaillé dans le tourisme. Enfin, elle travaillait à l'époque dans le tourisme, mais elle avait également fait le tour du monde avec un groupe de chanteurs. Donc c'était toujours… Elle avait toujours une vision internationale.
Pierre-Marie :
D'accord. Donc je n'avais pas forcément en tête cette histoire. J'avais plus ou moins, je sais pas pourquoi, cette idée que votre maman parlait déjà français, mais donc finalement, vous êtes arrivées toutes les deux en France en ne parlant français ni l'une ni l'autre?
Maika:
Exactement. Et on ne parlait pas français. Et je me souviens d'avoir été mise à l'école tout de suite. Et tout le monde parlait français. Et je me suis endormie. Parce que je comprenais rien du tout, donc je m'endormais.
Pierre-Marie :
C'était trop d'informations d'un coup.
Maika:
Trop d'informations. Le déménagement, la nouvelle vie. Et c'était vraiment une petite ville, village peut-être même Milly-la-Forêt donc c'est vraiment différent.
Pierre-Marie :
Milly-la-Forêt, c'est à la fois très près de Paris, mais c'est en même temps totalement la campagne.
Maika:
Oui et à l'époque, quand je suis arrivée, c'était vraiment… à côté de notre maison, c'était un champ avec des vaches.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
C'était vraiment…et puis on allait à l'école à pied. C'est beaucoup plus développé aujourd'hui, mais à l'époque, c'était vraiment la campagne campagne.
Pierre-Marie :
Donc ça veut dire que votre premier environnement dans l'école française, c'est une petite école primaire de village finalement ?
Maika:
Oui, en fait, dans mon souvenir en tout cas, c'est par rapport à la vie que j'ai menée après, j'ai l'impression que j'ai eu une impression que c'était vraiment une vie de village. Après je ne sais pas, peut-être que c'est un peu plus développé que la… comment dire… Oui ma vision c'est vraiment village. Je me souviens encore d'un couple qui vivait même dans une caravane. Ils montaient leur maison. À côté de nous, il y avait un potager, des gens qui faisaient pousser des légumes. Donc en fait, c'était plutôt agréable de marcher vers l'école en regardant ces champs. Les personnes travaillaient la terre, c'était plutôt tranquille.
Pierre-Marie :
Parce que donc… Et quand vous retourniez au Japon ou même dans vos premières années japonaises, c'était plutôt un cadre urbain ?
Maika:
En fait, quand j'allais au Japon, je passais toujours une petite semaine chez ma grand mère maternelle à Tokyo. Et ensuite je prenais le Shinkansen jusqu'à Sendai pour voir mon père et ensuite il m'emmenait voir mes grands parents paternels. Donc c'était comme à chaque fois, c'était un stade, le stade Tokyo, ensuite le stade Sendaï, ensuite le stade Ishinomaki qui était aussi un peu la campagne et c'était tout…. Donc c'est vraiment différents paysages, différentes scènes.
Pierre-Marie :
Vous étiez entre guillemets "la petite Française en tournée au Japon pendant l'été" chaque année c'est ça ?
Maika:
Oui. Voilà. La tournée de la famille, les cousins, la tante, etc. Oui.
Pierre-Marie :
D'accord. Très bien.
Maika:
C'était un long voyage en tous les cas. Oui, toujours.
Pierre-Marie :
Et donc ensuite, pour revenir à votre parcours dans l'école française, vous avez suivi le cursus normal avec collège, lycée, université ?
Maika:
Ouais, en fait après j'ai vite appris le français, à cet âge, c'est très rapide, c'est incroyable. Et après j'ai suivi le cursus normal. Nous avons déménagé plusieurs années plus tard en banlieue et ensuite j'ai été scolarisée à Paris à partir de la sixième et j'ai eu un cursus normal. Cela dit, à un moment donné, je me souviens qu'un des professeurs se posait des questions. Peut-être que j'avais un peu… du fait que je… par rapport à la langue, j'avais peut-être un petit retard. Mais je l'ai rattrapé après. J'ai fait un bac littéraire et je pense qu'après il n'y a pas eu de soucis, en tout cas au niveau de la langue.
Pierre-Marie :
Donc ce petit retard perçu par ce professeur, c'était plutôt au niveau collège, c'est ça ?
Maika:
Oui, plus au niveau collège, mais je pense également que c'était un retard, même pas forcément sur la langue seulement, mais sur d'autres choses. Du fait que oui, je venais du Japon et je pense que je n'allais pas à la même vitesse. Je pense que, en général, j'étais un peu une élève moyenne.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Oui, académiquement on va dire.
Pierre-Marie :
D'accord. Oui, parce que, en fait, vous avez pris quand même le parcours scolaire français du départ avec le cours primaire, donc en école primaire. Et donc vous n'aviez pas cette expérience de la pédagogie au Japon ou de l'école au Japon. Donc, c'était complètement une page blanche pour vous finalement ?
Maika:
C'était vraiment une page blanche et euh, en tout cas, en primaire, c'était vraiment difficile. Quand j'étais en cours, je me souviens, les élèves faisaient une auto-dictée. Je ne savais même pas ce que c'était qu'une auto-dictée. Et je me souviens, je me suis fait tirer les cheveux.
Pierre-Marie :
Ah bon? Ouh ! À l'époque on tirait les cheveux.
À l'époque, oui !
Pierre-Marie :
Aujourd'hui, ça passe moins bien mais…
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
D'accord. Alors donc vous, ça s'est passé assez facilement avec le français. Est-ce que votre maman a fait le même parcours que vous en français ? Comment ça s'est passé au niveau familial ? Je suis un peu curieux de ça.
Maika:
Alors je pense que, en tant qu'adulte, ma mère a eu plus de mal. Euh, je parlais français tout de suite, avec l'accent français, sans accent même. Et je me souviens, ma mère prenait des cours de français à un moment donné, avec d'autres personnes étrangères qui étaient venues…. Ça devait pas être facile même de trouver ce genre de systèmes à Milly-la-Forêt. Mais je me souviens de… elle avait un groupe avec d'autres personnes dans le même cas, et elle avait commencé à apprendre. Mais à la maison, elle parlait toujours en anglais avec mon beau-père.
Pierre-Marie :
Ah d'accord.
Maika:
Et donc c'était leur langue commune.Et petit à petit, elle a appris. Mais ce qui est intéressant, c'est que même aujourd'hui, même si elle vit en France, elle a gardé le même accent.
Pierre-Marie :
L'accent japonais en français ?
Maika:
Oui, un peu "katakana".
Pierre-Marie :
Un peu katakana. La difficulté de prononcer les R et certains sons. Ah d'accord.
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Oui, ça, ça s'efface pas. C'est vraiment dur à effacer même…
Maika:
Oui, c'est intéressant quand à cet âge, enfin l'âge adulte, je vois que ça s'efface pas. Oui.
Pierre-Marie :
Ou alors il faut vraiment être hyper motivé et faire un travail spécifique. Il y a des gens qui y arrivent, mais l'accent c'est dur. C'est dur.
Maika:
C'est dur quand c'est vraiment ancré. Le R Quand c'est ancré en "L".
Pierre-Marie :
D'ailleurs, j'ai écouté, je fais une petite parenthèse, mais j'ai écouté un tout petit peu votre podcast en anglais.
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Et vous avez un super accent en anglais.
Maika:
Merci.
Pierre-Marie :
Oui, beaucoup mieux que le mien.
Maika:
Ah mais oui, c'est vrai que quand j'avais quatre ans, on m'a envoyée en famille d'accueil en Alaska.
Pierre-Marie :
Ah oui, c'est vrai, à Anchorage.
Anchorage. Oui. Et j'étais revenu complètement américanisée.
Pierre-Marie :
Et ça, c'était combien de temps ?
Maika:
Alors je pense que la première fois, le premier voyage, ça devait être deux mois ou plus. Et après j'y suis retournée régulièrement pour des longues périodes également. Et j'étais même à l'école là-bas pendant un moment et quand j'étais revenue en France, j'en avais oublié mon français.
Pierre-Marie :
Ah d'accord.
Maika:
Donc j'ai dû réapprendre à parler le français, mais c'est revenu rapidement, mais je comprenais, mais je n'arrivais plus à parler parce que j'avais appris l'anglais. Et après c'est revenu, Tout est revenu et je pouvais donc parler anglais et français.
Pierre-Marie :
Et l'objectif de ces voyages à Anchorage, c'était vraiment la langue. Alors c'était il n'y avait pas d'autres relations ? Famille ou…
Maika:
Oui, c'était vraiment la langue parce que, en écoutant mes parents parler anglais, je comprenais certains mots et mes parents ont vraiment vu qu'il y avait quelque chose, un intérêt et on m'a demandé : "Est-ce que tu veux apprendre l'anglais ?" J'ai dit oui, et ensuite ils m'ont envoyée en Alaska et eux, ils ont envoyé leurs enfants en France pour apprendre le français. C'était comme un échange.
Pierre-Marie :
Ah d'accord. Ok, donc ça c'était. Pardon, ces voyages à Anchorage, c'était à peu près vers quel âge ?
Maika:
J'ai commencé à quatre ans.
Pierre-Marie :
Ah oui, d'accord. Donc déjà très petit, vous aviez baigné au moins un petit peu, voire beaucoup, dans trois langues différentes.
Maika:
Oui, oui, à quatre ans, je parlais donc français, anglais et japonais.
Pierre-Marie :
D'accord. On dit de temps en temps ou on lit de temps en temps que quand on apprend des langues étrangères, plus on en apprend, plus c'est facile d'en apprendre. Est-ce que, puisque ensuite vous avez étudié d'autres langues, est-ce que c'est quelque chose que vous avez observé aussi ?
Maika:
Ah oui, parce que je pense que à partir de deux langues, on commence à avoir un système, on commence à comprendre qu'il y a un système, il y a même un process pour apprendre la langue. Et plus on apprend de langues, plus on comprend ses mécanismes. Et on comprend également quels sont les contextes dans lesquels on arrive à développer encore plus, accélérer notre apprentissage. Et donc quand j'ai appris le chinois, ça c'était quand j'étais en école de commerce. J'étais parti à Pékin avec des camarades de mon école de commerce. Eux, ils avaient fait trois ou quatre années de Chinois. Mais pendant ce séjour, j'ai rattrapé le niveau.
Pierre-Marie :
Ah d'accord.
Maika:
Grâce à mes bases de japonais. Et bien sûr, j'ai étudié tous les jours, pendant des heures et des heures à réécrire les caractères chinois. Mais j'ai compris à ce moment là, pour la première fois, que j'avais une chance d'avoir cette base de Japonais qui me permettait d'apprendre le chinois de manière accélérée.
Pierre-Marie :
D'accord, oui, c'est l'inverse aussi pour les chinois qui apprennent le japonais. En tout cas pour les kanji, la lecture c'est facile. Enfin, c'est plus facile pour eux que pour nous, pauvres Français.
Maika:
Oui oui, c'est vrai que pour les occidentaux, c'est vraiment un autre monde je pense. Oui, beaucoup moins visuel. Le français, c'est beaucoup moins visuel. Oui, le kanji ou le chinois, c'est tellement visuel les idéogrammes. Et quand on comprend ça et le système des clés, ça devient tellement plus simple.
Pierre-Marie :
Oui, c'est vrai. Et alors vous, vous poursuivez votre apprentissage, puisque là, en fait, c'est un peu l'origine de cette discussion aujourd'hui. Et j'ai été assez surpris quand Hanna m'a dit : "J'ai une élève qui s'appelle Maika Endo et qui prend des cours de japonais avec moi". J'ai dit : "Mais elle s'appelle Maika Endo et elle apprend le japonais !?"
Pierre-Marie :
Pourquoi est-ce que vous apprenez le japonais ? Puisque en fait vous n'avez pas été coupée du japonais, vous y alliez tous les ans, etc. Quelle est votre motivation aujourd'hui ?
Maika:
Alors ma motivation je pense la grande motivation, je pense qu'en tant qu'adulte, quand on continue à grandir intérieurement, on commence à reconnaître des parties de notre passé, de notre identité qu'on a envie de se réapproprier. Je pense que quand j'étais enfant, peut-être que j'étais vraiment pas motivée pour apprendre le japonais. On m'a envoyée à l'école japonaise le mercredi parce que pour moi c'était une… Je n'y voyais peut-être que des choses négatives, C'est à dire que j'avais quitté ma famille, c'était quand même difficile. Mais en grandissant, on réalise que c'est une richesse tout ça. Et d'une certaine façon, j'ai envie de me réapproprier cette part de mon histoire et de devenir cette Japonaise que je suis.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Avec bien sûr la richesse de toute mon histoire en France. Donc je ne serai jamais japonaise, japonaise, mais j'ai envie de l'être plus que jamais. Donc je pense que ma lecture de la situation, c'est que quand je suis partie à l'âge de quatre ans, mon niveau de langue est resté figé à ce stade. J'ai pas appris beaucoup plus de vocabulaire et j'ai continué à parler en japonais avec ma mère, mais c'était pas suffisant. Et donc je pense qu'en prenant des cours de langue, mon but c'est de pouvoir apprendre des nouveaux mots, enrichir mon vocabulaire et arriver au niveau adulte et même au niveau peut-être même professionnel. Mais déjà au niveau adulte d'un japonais, ça ce serait super, ça serait l'idéal pour moi.
Pierre-Marie :
Oui, avec l'idée probablement de pouvoir exprimer des sentiments, nuancer des opinions. Oui parce que c'est vrai que à quatre ans, on peut déjà communiquer beaucoup dans une langue, mais il y a le parcours de l'adulte aussi. Et on veut communiquer différemment. Donc c'est là-dessus, donc c'est… Votre travail aujourd'hui, c'est surtout pour le sur le vocabulaire.
Maika:
Oui, le vocabulaire et le confort, la confiance en soi. Parce que c'est vrai que quand je suis au Japon et je parle avec d'autres personnes, je n'ai pas confiance en moi même, en mon niveau de langue et je me retrouve parfois quand je vais à Seven-eleven… Parfois je ne comprends pas ce qu'on me dit et finalement je parle en chinois parce que la personne parle, elle est chinoise. Donc je trouve que c'est un peu incongru parce que je me débrouille mieux en chinois au Japon et donc…
Pierre-Marie :
C'est rigolo.
Maika:
Donc je pense, enfin je ne sais pas si vous avez remarqué, Pierre-marie, je pense que vous voyez souvent des personnes qui sont un peu hybrides ou qui parlent d'autres langues. J'ai l'impression quand un adulte parle une langue qu'elle ne maîtrise pas, c'est comme si elle était presque un enfant ou… C'est pas la même personne que quand elle parle sa langue. Quand la personne parle sa langue natale, on voit toute sa dimension.
Pierre-Marie :
Absolument.
Maika:
Toute sa puissance. Et quand elle parle par exemple anglais, et ce n'est pas vraiment une langue où il est confortable. On a l'impression presque que c'est une autre personne. C'est une autre identité.
Pierre-Marie :
Et c'est ça qui est que, personnellement, je trouve assez frustrant quand on apprend une langue en tant qu'adulte, c'est qu'on est, on n'a pas le choix, on est obligé de passer par la case des des méthodes d'apprentissage et d'avoir des discussions enfantines alors qu'on est adulte. Donc on voudrait parler… Alors ça dépend de… On voudrait parler d'art, de voyage, de politique peut-être, de musique… Et on est d'abord obligé de savoir dire : "Est-ce qu'il reste du lait dans le frigo ?" par exemple, et…
Maika:
Voilà, ça reste basique.
Pierre-Marie :
C'est un peu frustrant mais il faut en passer par là je crois. Malheureusement c'est comme ça.
Maika:
C'est un passage obligé. Mais, et mon but vraiment, c'est de pouvoir parler en japonais dans toute ma dimension, ma position d'adulte et exprimer vraiment mes opinions avec toutes les nuances, dans tous les domaines business, politique, social.
Pierre-Marie :
On y travaille, j'y travaille aussi. C'est ça va prendre encore quelques années je pense.
Maika:
Oui, c'est ça prend, ça prend des années. Oui, quand on est à l'âge adulte en train d'apprendre et en même temps, c'est très gratifiant, je trouve, quand on apprend et on peut l'utiliser tout de suite, on peut utiliser ce qu'on a appris.
Pierre-Marie :
On a parlé presque de toutes vos langues. Un petit mot sur le turc ? Oui, dans quel… Bon vous vivez en Turquie, donc c'est lié à votre vie actuelle, mais est-ce qu'il y a quelque chose que vous voulez dire ? Est-ce que c'était une approche différente parce que c'est une langue différente aussi?
Maika:
Oui, et c'est marrant parce que les Turcs, en tout cas en classe de turc, mon professeur me disait : "Ah, ça doit être facile si tu es japonaise parce que ça vient de la même racine".
Pierre-Marie :
Ah bon ? Ok.
Maika:
Et on me dit souvent ça. Mais en fait, je trouve que le turc, c'est la langue la plus difficile entre toutes les langues, parmi toutes les langues que je parle. Je pensais qu'en venant en Turquie, je parlerais turc au bout de six sept mois et en fait je me suis trompée. J'ai été trop ambitieuse. Et là, ça fait dix ans que je suis ici, je parle turc, mais pareil, je me vois bloquée. J'ai atteint un certain niveau. J'ai passé le test du niveau 1, j'ai fait trois mois intensifs mais j'ai pas encore traversé on va dire le plafond où on peut vraiment être confortable. Donc je continue les cours en privé. Et pour l'instant je suis contente parce que je peux quand même discuter avec les parents, mes beaux-parents. Mais il y a tellement de choses qui qui restent inexprimées à cause de la barrière de la langue. J'aimerais vraiment que la langue ne soit plus une barrière, mais vraiment quelque chose, de même… qu'on n'y pense pas. C'est ça en fait, quand on apprend une langue, on n'a pas envie d'y penser et ça fait partie de notre nature.
Pierre-Marie :
Donc votre mari est turc en fait, si j'ai bien compris.
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Donc ça fait partie de la langue… Cette langue fait partie de votre vie quotidienne. Et est ce que vous pratiquez encore aussi le français aujourd'hui dans votre vie quotidienne ?
Maika:
Oui, je parle avec notre fils en français. Toujours depuis sa naissance et étant donné que l'école est une communauté française avec les autres mamans, les autres parents, je parle français donc je suis presque pas dépaysée.
Pierre-Marie :
D'accord. Presque pas d'accord. Ok. Très bien.
Pierre-Marie :
Peut-être juste un petit retour en arrière dans notre discussion sur votre scolarité en France, vos premières années en France. Est-ce que vous aviez le sentiment d'être différente en tant que personne née au Japon ? Est-ce que on vous l'a fait sentir ? Est ce que vous avez ressenti éventuellement de la discrimination ou comment est-ce que ça s'est passé ? Est-ce que vous vous êtes sentie naturellement française ?
Maika:
En Turquie ?
Pierre-Marie :
En France, pardon.
Maika:
En France ? Alors quand je suis venue du Japon en France, on m'a tout de suite fait sentir que j'étais différente parce que déjà à Milly-la-Forêt, je me souviens pas avoir vu d'autres Asiatiques, ni à l'école. Donc quand même, j'ai fait face aux brimades. Je me souviens de deux garçons qui qui m'embêtaient beaucoup. Et c'était difficile. Mais une fois qu'on avait, on était parties en banlieue et là c'était différent. Mais c'est vrai que pour la petite enfance ou même après, on va dire pendant cette période où j'étais, les premières années en France ont été difficiles.
Pierre-Marie :
Oui d'accord.
Maika:
Après, non, j'étais vraiment comme fondue dans la masse.
Pierre-Marie :
Ouais. Vous étiez sur votre lancée dans le parcours universitaire aussi et puis déjà dans un environnement international, j'imagine, dans une école de commerce.
Maika:
Oui, mais j'ai toujours été attiré par la communauté asiatique, même en France, c'est-à-dire même dans mon école de commerce, j'avais ma petite bande d'Asiatiques. Donc oui, on cherche quand même les gens qui nous ressemblent peut-être.
Pierre-Marie :
Bien sûr. Oui oui, c'est naturel. Et donc ça veut dire que comme vous avez vécu à Paris aussi, vous étiez souvent en balade dans les quartiers, alors soit peut-être chinois ou japonais, évidemment dans le quartier de l'Opéra. Est-ce que ça faisait partie de vos sorties fréquentes ?
Maika:
Oui, j'ai toujours aimé aller dans le 13ᵉ. J'y allais peut-être toutes les semaines et rue Sainte-Anne, à chaque fois que je retourne à Paris, c'est un passage obligé Opéra, rue Sainte-Anne. Et quand j'étais en école de commerce, j'allais même dans les soirées asiatiques. Il y a des clubs asiatiques, le nouvel an asiatique.
Pierre-Marie :
Il y a des soirées asiatiques en école de commerce. Donc pour c'est un peu du networking pour pour utiliser un anglicisme ?
Maika:
Et en fait il y a une communauté asiatique du 13ᵉ, donc c'était en dehors de mon école de commerce. J'avais des amis asiatiques qui venaient du Cambodge, Vietnam, Laos, Chine. Et en fait on allait dans des soirées asiatiques. Ça s'appelait même Asia Folies.
Pierre-Marie :
Asia Folies, très bien !
Maika:
Et donc en fait, pour moi, c'était comme être proche de ma source, de mes racines. Parce que finalement, en tant que, on va dire, je sais pas si on peut dire immigrée, en tout cas on était quand même étrangers, ethniquement, donc on sentait quand même un point commun qui nous rallient.
Pierre-Marie :
Oui bien sûr. Ouais ouais, je comprends.
Pierre-Marie :
Hum… Je fais beaucoup d'allers-retours, mais là, j'ai envie de revenir pour pour terminer sur votre votre vie actuelle à Istanbul. Quelle est votre activité ? Donc vous élevez déjà un enfant, peut-être plusieurs enfants. Donc c'est déjà sûrement du travail, mais vous avez d'autres activités. Est-ce que vous pouvez expliquer un peu ce que vous faites aujourd'hui ? Et peut-être, est-ce que vous voyez des liens entre ce que vous faites aujourd'hui et tout ce parcours très international que vous avez eu jusqu'à maintenant ?
Maika:
Oui, alors aujourd'hui, je suis business coach et j'aide les entrepreneurs à développer leur business ou monter leur business. Et j'ai remarqué, par rapport peut-être aussi à comment je communique et ce que je fais, j'attire des clients comme moi. Souvent, ils se retrouvent dans un autre pays où ils ont grandi, dans un autre pays, des gens très internationaux. Et quand je leur demande : "Qu'est ce qui t'a attiré vers moi ?" Souvent, on me dit c'est mon côté calme ou en Turquie, on me dit parfois c'est ton côté japonais parce que je me dis j'ai confiance en toi, tu es organisée. Donc je pense que je joue un peu sur ce côté japonais. C'est sûr, dans mon marketing. Et oui, à la fin, je pense que cette dimension internationale se retrouve dans cette vision, cette perspective se retrouve dans ce que je crée, dans mon contenu et les clients qui viennent vers moi. Même les "non-clients" sont un peu comme moi, des gens avec cette expérience internationale avec une richesse, un métissage de cultures. Et quelque part, une identité un peu fragmentée qu'ils essaient de réconcilier.
Pierre-Marie :
D'accord.
Maika:
Euh oui, je le vois comme ça.
Pierre-Marie :
Et j'ai regardé un peu votre site. Je mettrai d'ailleurs le lien sur mon sur mon site aussi. C'est un coaching qui est pas seulement purement business marketing. C'est un coaching assez large finalement. Comment est-ce que vous approchez votre… Quelle est votre "philosophie" entre guillemets dans ce que vous proposez ?
Maika:
Alors déjà, je suis contente que vous ayez vu ça parce que ça veut dire j'ai bien communiqué sur ma page et effectivement je mélange tout ce qui est "mindset", donc "mindset", tout ce qui est développement personnel. Comment on dirait "mindset" en français, ce serait…
Pierre-Marie :
Mindset ? Ça dépend du contexte, mais ça pourrait être aussi "état d'esprit". Mais "développement personnel", c'est mieux je pense dans ce contexte.
Maika:
Oui, développement personnel avec stratégie. Et souvent les entrepreneurs, même s'ils savent ce qu'il faut faire au niveau stratégie, il y a quelque chose qui les bloque intérieurement. Peut-être ça peut être une peur, un manque de confiance, un manque de vision, de clarté. Donc ils ont besoin dde cette dimension "développement personnel" pour les aider à vraiment trouver la réponse en eux même et atteindre ce niveau de, on va dire, de développer son potentiel au maximum. Donc je combine les deux en fait. On parle de business, stratégie et tout ce qui est tactique, mais également tout ce qui est vraiment, euh, on va dire oui, développement personnel, vision à long terme et identité de la marque également.
Pierre-Marie :
Et peut-être donc oui, cette idée d'équilibre entre une vie personnelle et une vie professionnelle… qui est déjà peut-être difficile à avoir pour des salariés, mais peut-être encore plus difficile pour des entrepreneurs qui ont peut-être tendance à mettre toute leur énergie, tout leur temps dans leur entreprise, et peut-être qu'un meilleur équilibre est souhaitable. Je sais pas. J'imagine que c'est un peu votre message aussi.
Maika:
Exactement, Et justement c'est ce qu'on va explorer par exemple. Qu'est ce que le mot "équilibre" pour vous ? Et qu'est-ce que cela veut dire s'il est meilleur ? Qu'est-ce qui serait différent par rapport à aujourd'hui ? Donc c'est toujours intéressant de creuser sur ces valeurs-là et de vraiment voir de manière plus tangible qu'est-ce que cela veut dire pour vous cet équilibre et pourquoi est-ce que c'est important ? Qu'est-ce que ça vous aidera à créer en plus ou de ou de manière différente, de manière plus plus alignée ? C'est vrai que pour les entrepreneurs, cette cette on va dire cette limite, cette frontière entre le travail et la vie personnelle est tellement invisible. On a vraiment parfois du mal à éteindre, éteindre le travail.
Pierre-Marie :
Oui, bien sûr, à débrancher le cerveau.
Maika:
Voila, débrancher. Et pourtant on en a besoin également et notre famille en a besoin également. Donc on explore ça beaucoup dans le coaching, c'est l'approche holistique, l'approche plus complète en prenant l'être humain, pas seulement l'entrepreneur, mais l'être humain dans sa globalité.
Pierre-Marie :
Il y a la première phrase qu'on lit sur votre site et j'ai bien aimé. Alors c'est écrit en anglais. Je l'ai traduite en français, donc c'est ouvrez les guillemets : "Construire une entreprise centrée sur l'humain sans dépendre des réseaux sociaux", fermez les guillemets. Alors je me suis demandé pourquoi cette idée de sans dépendre des réseaux sociaux était importante pour vous ?
Maika:
Alors c'est une très bonne question et je pense que… Par exemple, vous vous faites. J'ai vu beaucoup de blogs, des articles qui accompagnent les podcasts et ce que j'ai remarqué souvent pour les nouveaux entrepreneurs, automatiquement ils vont se tourner vers Instagram ou les réseaux sociaux pour pour trouver des clients, développer leur marque. Mais en fait, la première chose, c'est que c'est une voie très difficile parce que pour avoir les;.. attirer les bonnes personnes et les convertir en clients, c'est quand même difficile et je ne sais même pas si on peut dire "convertir" ans ce contexte. Parce que c'est en anglais, on dit "convert". Mais on va les transformer en clients.
Pierre-Marie :
Oui, c'est ça. Oui.
Maika:
Est-ce que c'est un franglais ? Un faux ami ? Mais je pense que… En tout cas, je suis certaine que … Je l'ai vu. Et c'est ce que je fais également. C'est qu'on n'a pas besoin forcément d'être sur les réseaux sociaux tous les jours à poster et à consommer pour réussir en tant qu'entrepreneur, pour se faire connaître. Et comme vous le faites, il y a les podcasts, collaborations, le blogging… Il y a plein d'autres choses qu'on peut explorer et parfois également pour les réseaux sociaux, c'est difficile en tant qu'entrepreneur parce que on sent qu'on doit être visible, qu'on doit montrer son visage. Et puis c'est chronophage, ça prend beaucoup de temps, ça prend beaucoup de, on va dire, de… Notre esprit est vraiment pris en otage finalement. Parce que ça…
Pierre-Marie :
C'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure sur la nécessité de débrancher mentalement les réseaux sociaux ne débranchent jamais, ils sont là 24 h sur 24, donc…
Maika:
Souvent, j'utilise cette métaphore quand je donne des… Quand je donne… j'essaie de pas faire de faux amis. Je veux pas dire "quand je facilite des ateliers". Mais quand je donne des ateliers, c'est que j'ai.. Pour la métaphore, c'est les réseaux sociaux, c'est comme l'autoroute pour aller très vite et être très alerte. Et finalement, les articles longs, les newsletters, c'est plus comme une promenade dans la forêt, Je trouve que c'est beaucoup plus paisible, serein.
Pierre-Marie :
Ça donne plus envie, c'est sûr.
Maika:
Oui.
Pierre-Marie :
Ok, très bien votre votre coaching. Vous proposez seulement en anglais ou aussi dans d'autres langues ?
Maika:
Alors en anglais essentiellement. Et en français bien sûr. Si la personne peut s'exprimer de manière confortable et bien sûr, comme on en parlait plus tôt, dans toute sa dimension, c'est vraiment, c'est euh, la personne est confortable, on peut le faire en français, mais c'est essentiellement en anglais. J'ai eu des clientes, même françaises, qui ont préféré l'anglais parce qu'elles étaient à l'étranger depuis tellement longtemps. J'ai coaché des clientes françaises en anglais et toujours aujourd'hui. J'ai une Française en Espagne et on le fait en anglais.
Pierre-Marie :
D'accord. Peut-être que dans quelques années vous pourrez proposer ce service en japonais aussi ?
Maika:
Ah oui, ça ce serait vraiment super ! Là ce serait euh… Notre professeur serait très content.
Pierre-Marie :
Il faut travailler encore plus avec Hana. Ok. Très bien. On arrive à la fin de cette discussion. Est-ce que vous souhaitez dire quelque chose de plus pour les gens, en particulier tous les Japonais qui nous écoutent et qui apprennent le français et qui trouvent que c'est une langue difficile bien sûr…
Oui, pour les Japonais qui apprennent le français ?
Pierre-Marie :
Oui ou pour tous les étrangers qui apprennent le français, cette langue tellement difficile.
Maika:
Je pense qu'apprendre une langue, c'est pour moi, c'est un art de vivre, C'est pas quelque chose de fonctionnel qui permet juste de parler. C'est une manière de vivre, un savoir-vivre, un savoir-être. Et je pense que il n'y a rien de plus gratifiant que de pouvoir exprimer toutes ses émotions, ses pensées et le partager avec quelqu'un dans la langue de la personne. Et si… Je pense qu'il n'y aura jamais un moment où on se dira j'ai terminé d'apprendre. Soit on va continuer cette langue, soit on va apprendre une autre langue. Et c'est ça qui est génial. Et je pense que plus on apprend de langues et plus la vie devient riche parce que ça, nous, ça nous permet de nous connecter, de se sentir connecté avec d'autres personnes et de voyager, de rencontrer d'autres personnes, d'être vraiment en immersion totale. Et donc j'espère que ceux qui écoutent aujourd'hui vraiment comme ça, comme… Je suis sûre, ils le prennent comme ça puisque c'est ce qu'ils font déjà, mais vraiment, c'est un art de vivre et j'espère que vous appréciez ce process et que même s'il n'y a pas forcément une destination, c'est plutôt un voyage, que vous preniez le temps comme une balade dans la forêt.
Pierre-Marie :
Et ben voilà, comme… Et pas 'autoroute, ça ne marche pas pour apprendre une langue, l'autoroute.
Maika:
Pas l'autoroute.
Pierre-Marie :
Il faut prendre les petits chemins en forêt, c'est obligé.
Maika:
Voilà.
Pierre-Marie :
Ok Maika, merci beaucoup. C'était… J'étais ravi de passer ce moment et de discuter ensemble. Plein de sujets intéressants et je vous souhaite bonne continuation pour la suite.
Maika:
Merci Pierre-Marie, c'était un vrai plaisir et bonne continuation au podcast.
Pierre-Marie :
Merci beaucoup. Au revoir.
Maika:
Merci au revoir.
Pierre-Marie :
Voilà, c'est la fin de cette interview avec Maika. J'espère que vous aurez apprécié cet échange, cette discussion. Je mettrai sur mon site bien sûr l'adresse du site de Maika. Et sur ce, je vous dis à bientôt また次回.
Sonix is the world’s most advanced automated transcription, translation, and subtitling platform. Fast, accurate, and affordable.
Automatically convert your mp3 files to text (txt file), Microsoft Word (docx file), and SubRip Subtitle (srt file) in minutes.
Sonix has many features that you’d love including automated translation, enterprise-grade admin tools, advanced search, transcribe multiple languages, and easily transcribe your Zoom meetings. Try Sonix for free today.




NOTES :
- Le site internet de Maika Endo
- Hana, la meilleure prof de japonais du monde entier 😊
Photo by Maksim Shutov on Unsplash (forêt) et Maika Endo.


